POLITIQUE/DIALOGUE NATIONAL : EXCLUSIONS ET CRITIQUES

Le Chef de l’État a décidé d’écarter du dialogue certaines forces politiques jugées incompatibles avec l’esprit de concertation.Sont ainsi exclus les acteurs qui, dès l’entame du processus, recourent aux armes contre l’ordre constitutionnel, contrôlent une portion du territoire par la force ou, selon lui, agissent pour le compte du Rwanda.

Ce critère vise directement l’AFC/M23, dont les échanges avec Kinshasa demeurent cantonnés au processus de Doha, distinct des assises nationales. Le format adopté rejette également toute amnistie générale pour les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les actes de génocide et les violences sexuelles graves. Le Président a en outre écarté l’idée d’une suspension des institutions, qui continueront d’exercer leurs prérogatives jusqu’au terme constitutionnel de leurs mandats.Ce canevas a suscité des critiques.


L’opposant Martin Fayulu, dans une interview à RFI le 21 août, plaidait pour un format plus condensé, limité à trois semaines ou un mois, avec les confessions religieuses comme médiatrices, et contestait que le Président fixe seul les paramètres du dialogue. Le mouvement Sauvons la RDC, proche de l’ancien chef d’État Joseph Kabila, a réclamé une médiation « neutre, indépendante et impartiale », placée sous l’égide de l’Union africaine et des Nations unies, et souhaitait que les assises se tiennent dans un pays tiers. La présidence a rejeté cette option, maintenant le processus sur le sol congolais.

Du côté du PPRD, son secrétaire permanent adjoint Ferdinand Kambere a dénoncé un dispositif qui, selon lui, ne réunira que des participants venus « danser sur la musique d’un régime ». Quant à Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC/M23, il a récusé le format proposé par Kinshasa, tout en poursuivant les discussions engagées à Doha.
THÉO NTAMBWE MUKONKI
SETH KAYAMBA







