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LUBUMBASHI : Les étudiants de l’UNILU dénoncent l’obscurantisme électrique imposé par la SNEL
Aux alentours de 21h, de ce mardi 17 février 2026, la route Kasapa a été brièvement paralysée, entre l’arrêt de bus Don Bosco et le marché Moïse, lorsque les étudiants internes de l’Université de Lubumbashi (UNILU) ont décidé de descendre dans la rue. Leur colère est née des coupures d’électricité chroniques et arbitraires qui gangrènent les cités universitaires depuis plus de deux semaines.
Selon les témoignages recueillis, le courant est devenu un bien rare et instable, avec des interruptions pouvant durer deux à trois jours, ou survenir de manière aléatoire pendant plusieurs heures, sans explication ni communication officielle.

Cette défaillance structurelle de la Société Nationale d’Électricité (SNEL) plonge les étudiants dans une précarité insoutenable : impossibilité de préparer les travaux pratiques, dégradation des aliments faute de réfrigération, insécurité dans les cités, et un climat général de frustration.
La manifestation, bien que brève (une vingtaine de minutes), a révélé une exaspération sociale profonde. Les étudiants dénoncent un système où l’accès à l’électricité, censé être un droit fondamental et un service public, est transformé en instrument de négligence et de marchandage opaque.

Plusieurs témoins affirment que ces coupures seraient le résultat d’ arrangements entre agents de la SNEL et leurs responsables, ce qui alimente la perception d’une corruption institutionnalisée et d’un mépris flagrant pour la jeunesse universitaire.

Une dénonciation amère
Sur le plan technique : la SNEL démontre une incapacité chronique à stabiliser son réseau, révélant l’obsolescence des infrastructures et l’absence de plan de maintenance préventive.

Sur le plan social : les étudiants, déjà marginalisés par des conditions de vie précaires, subissent une double peine : l’exclusion énergétique et l’indifférence des autorités.


Sur le plan politique : cette crise illustre le gouffre entre les discours officiels sur la modernisation du secteur énergétique et la réalité vécue par les citoyens, réduits à survivre dans l’ombre.

La reprise de la circulation n’efface pas l’amertume : les étudiants exigent une solution durable et dénoncent une gestion calamiteuse qui transforme l’université en un espace de survie plutôt qu’un lieu de savoir.
Les autorités universitaires face à une atteinte manifeste aux droits fondamentaux des étudiants

La persistance des coupures d’électricité dans les cités universitaires de l’Université de Lubumbashi constitue une atteinte directe au droit à l’éducation et au droit à des conditions de vie décentes, garantis par la Constitution et les instruments internationaux ratifiés par la République Démocratique du Congo.

Le professeur ordinaire Gilbert Kishiba Fitula, recteur de l’UNILU, se trouve confronté à une situation assimilable à une carence fautive de l’État et de ses démembrements, en l’occurrence la Société Nationale d’Électricité (SNEL). Cette défaillance systématique engendre une responsabilité civile et administrative, dans la mesure où elle compromet la continuité du service public de l’enseignement supérieur et porte préjudice aux étudiants internes.
THÉO NTAMBWE MUKONKI globalinfos.site